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Heavy Rain

Heavy Rain

Si Fahrenheit avait fait une plutôt bonne impression, la deuxième moitié du jeu partait dans tous les sens, et ce qui commençait comme une intéressante enquête policière finissait comme une épisode d'une mauvaise série de science-fiction. Aujourd'hui, David Cage et son studio Quantic Dream sont de retour pour nous présenter leur nouveau projet, forts de promesses et d'idées novatrices. Avec une campagne marketing rondement menée et l'impatience des joueurs à son paroxysme, que vaut concrètement le résultat final ?

How far will you go to save someone you love ?

L'histoire tourne autour du "Origami Killer", un serial killer qui ne s'en prend qu'aux petits garçons âgés de 10 ans, les capturant et les tuant après 4 jours et qui laisse sur leur cadavre une fleur ainsi qu'un petit animal en origami dans leur main. Qui est-il ? Que veut-il ? Et pourquoi a-t-il un modus operandi aussi étrange ? Afin de mener cette enquête, le joueur devra incarner 4 personnages aux motivations bien distinctes.

Le premier est un père de famille, à qui il arrive une tragédie dès la première heure de jeu. Deux ans plus tard, lors des événements décrits, il aura des raisons très personnelles de partir sur la piste de l'assassin. Le deuxième est un détective privé, engagé par les familles des victimes pour faire la lumière sur cette affaire. Ensuite vient un jeune agent du FBI qui tentera de faire ses preuves en utilisant ce cas comme tremplin, ainsi qu'une mystérieuse femme dont on ne sait au départ ni le nom, ni la motivation. Ainsi, les routes de ces personnages, tous suivant des pistes différentes pour découvrir la même vérité, vont se croiser à plusieurs reprises. Il faut reconnaître que le travail scénaristique effectué pour amener tous ces protagonistes à la même conclusion par des voies différentes est plutôt bien mené et que les pièces du puzzle s'emboîtent naturellement entre elles.

Certainement, le scénario est l'une des grandes forces du jeu, mais son déroulement est là où Heavy Rain tente une nouvelle approche de la narration. Ici, le joueur est confronté à des dizaines de choix, ou des séquences avec plusieurs dénouements, et chacun de ces choix aura une incidence sur la suite. Il n'y a pas d'écran game over dans Heavy Rain. Ce qui en résulte est un sentiment plutôt intéressant où on ne sait jamais vraiment si on a "réussi" ou "raté" une séquence, et, comme dans la réalité, on réagit sur le moment sans trop savoir où cela va nous mener.

Singing in the rain !

Si la limite entre le cinéma et le jeu vidéo a rarement été aussi mince que dans le cas présent, c'est tout de même d'un jeu dont il s'agit, et le joueur ne va pas se contenter de regarder des cinématiques. Deux gameplay différents voient alors le jour. En premier lieu, des QTE à n'en plus finir. Si vous pensiez que les QTE avaient le vent en poupe, alors vous n'aviez rien vu. Ici, si vous voulez ne serait-ce que prendre une boisson, on a un QTE pour ouvrir le frigo, puis un autre pour prendre la bouteille de bière, un troisième pour l'ouvrir, un autre pour la boire, encore un autre pour la reposer dans le frigo et un dernier pour fermer la porte. Certes, les séquences plus importantes comme les affrontements ou une mémorable scène en voiture sont intenses et les QTE sont justifiés et inventifs, mais on se demande des fois s'il n'y en a pas un peu trop.

Notons tout de même que les QTE ne se limitent pas à appuyer sur un bouton. Il s'agira de faire des mouvements avec le pad, de maintenir des boutons appuyés, de faire des rotations avec le stick, etc. Encore une fois, il faut bien reconnaître qu'un bon boulot a été effectué pour réinventer ce concept ô combien exploité. A ce propos, commencez le jeu au plus haut niveau de difficulté dès la première fois, sinon le challenge sera vraiment inexistant.

L'autre pendant du gameplay, ce sont des phases plus classiques d'enquête à la troisième personne où l'on contrôle un des 4 personnages pour récolter des indices. Et là, on a probablement affaire à ce qui se fait de pire en manière de maniabilité. Si vous pensiez qu'il était difficile de s'orienter dans Resident Evil 1, vous n'aviez rien vu. Plutôt que d'aller avec le traditionnel "joystick gauche pour se déplacer", Heavy Rain se targue d'un système de combinaison de la touche R2 et du joystick pour un résultat catastrophique. C'est particulièrement problématique lors des séquences où il faut réagir vite ou s'enfuir, notamment une scène où l'on est coincé dans un appartement en feu, et la simple action d'aller vers la fenêtre devient une épreuve insurmontable.

Il pleut sur la ville comme il pleut dans mon coeur

Au niveau réalisation, Heavy Rain se situe au niveau de ce qui se fait de mieux actuellement. Que ce soit les personnages ou les décors, c'est un plaisir pour les yeux, même si certains visages sont parfois trop inexpressifs. Les scènes de bain de foule impressionnent de par le nombre de PNJ à l'écran, et chaque lieu a une forte ambiance et identité visuelle. Mention également à la musique qui renforce le côté cinématographique.

Toutefois, pour toutes ses qualités, Heavy Rain n'évite pas certains écueils. Principalement, le fait qu'on sent que le jeu aimerait plus nous impliquer que ce que l'on est réellement. On sent par exemple que le jeu essaie désespérément de nous faire nous impliquer dans la relation entre Ethan Mars et son fils, mais jamais sans grand succès. De plus, si certaines scènes sont vraiment mémorables (notamment dans le milieu du jeu avec une série d'épreuves à couper le souffle), la fin du jeu elle n'est simplement pas à la hauteur. Avec une telle montée en intensité, et un tel mystère sur l'identité et les motivations du tueur, on aurait été en droit d'en attendre un peu plus lorsque la vérité est révélée.

Sans aucun doute, Heavy Rain est une expérience unique. Fort de son intensité, de ses personnages et de ses situations mémorables, il arrive à nous présenter une nouvelle manière de concevoir la relation entre le cinéma et le jeu vidéo. Malheureusement, si l'aspect narratif et les personnages remplissent leur office, le côté "jeu" du projet est en demi-teinte, avec ses QTE pour tout et n'importe quoi et sa maniabilité catastrophique. Cependant, pour tous ses défauts, le jeu se dévore comme n'importe quel thriller et il est réellement difficile de poser la manette tant on a envie de savoir la suite.

Moonsorrow

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Le test en bref

Jouabilité :
**---

Les QTE ne sont pas toujours très clair, et les phases à la troisième personne échouent complètement.

Réalisation :
****.

Superbe ! Entre les expressions et les animations, le travail est de très haut niveau.

Bande-Son :
***.-

Les musiques servent l'action à merveille, et les doublages anglais sont de bonne facture.

Scénario :
****-

Un début un peu lent, un milieu époustouflant et une fin en pétard mouillé. Toutefois, il est prenant de bout en bout.

Durée de Vie :
***.-

Une dizaine d'heures qu'on ne voit pas passer, et une rejouabilité de folie.

Points positifs

  • la motion capture parfaite !
  • des scènes d'une rare intensité.
  • le système de choix.
  • la créativité dans les QTE.

Points négatifs

  • trop de QTE tue le QTE.
  • la maniabilité ridicule.
  • un scénario inégal.

Note du rédacteur

note 7.5

Note du public

note 10

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