
Ces messieurs de Bioware nous l’avaient promis, Mass Effect sera une trilogie. Et quitte à devoir assumer un tel univers, trois épisodes ne seront pas de trop pour soutenir l’énormité scénaristique potentielle et le background de ce grand jeu (car grand jeu il y a). Et en ce moment, c’est le deuxième épisode qui est entre nos petites mains, mains qui commencent peu à peu à trembler sous l’effet des litres de café, sans lesquels nous ne survivrions pas aux interminables nuits blanches (sous la contrainte, si si je vous jure..). Plus qu’un simple jeu, c’est un roman addictif, sous la forme d’un action-RPG space opera , que la cigogne nous a déposé devant la porte, il y a quelques nuits de cela, et ce pour le plus grand malheur de notre conjoint.
L’histoire prend place 2 ans après la fin du premier opus. L’alliance s’est défaite de Sovereign, mais le commandant Shepard n’a pas survécu à la destruction de son navire spatial. C’est alors qu’entre en jeu une mystérieuse organisation pro-humaine, Cerberus, qui investit une énorme quantité de fonds pour ramener à la vie Shepard, en conservant son enveloppe corporelle et son esprit, ainsi que la reconstruction exacte de son vaisseau, le Normandy. A la tête de cette entreprise, l’Homme Trouble (oui oui, la traduction française laisse légèrement à désirer..) justifie cette résurrection par le besoin d’un leader exceptionnel afin de lutter contre la nouvelle menace envers l’humanité : les Récolteurs. Basée sur une non-confiance constante, la relation entre Shepard et Cerberus demeure l’un des piliers scénaristiques de Mass Effect 2.
La résurrection de Shepard peut être bien réelle pour ceux qui ont terminé le premier épisode : Il est effectivement possible de reprendre son ancienne sauvegarde pour récupérer son perso tel quel, avec son apparence et ses caractéristiques. Pour les nouveaux, la personnalisation est assez complète ; après avoir choisi son sexe et son apparence physique (dont les options sont ma foi assez variées et nombreuses), il faut encore choisir sa classe. Comme dans le premier opus, six classes sont disponibles, avec chacune ses propres capacités et styles de combat. On peut alors soit s’orienter vers du combat pur et dur, soit vers une utilisation spécifique de pouvoirs bioniques (du genre boules d’énergies ou projection à la Obi Wan Kenobi), ou encore de techniques spéciales, comme les drones de combat de l’ingénieur. Certaines classes mêlent également ces divers styles et le placement de points gagnés à chaque level offre la possibilité d’optimiser encore plus les combats en ajoutant de nouvelles attaques, ce qui développe l’aspect stratégique et la personnalisation.
Sans trop dévoiler l’histoire, le déroulement de l’intrigue se fait en deux parties. La première exige du joueur de recruter un équipage complet aux quatre coins de l’univers et la deuxième concerne l’intrigue principale, à savoir dérouiller les méchants. Accessoirement, de nombreuses quêtes annexes jonchent les différents systèmes solaires, afin de durement gagner de l’expérience, ainsi que quelques améliorations d’équipement et d’armement. Ces dernières peuvent être acquises grâce aux ressources gagnées en scanant et en pillant des planètes, ce qui peut être considéré comme une sorte de mini jeu (un tant soit peu longuet au final, mais pas forcément nécessaire). J’aimerais néanmoins particulièrement mettre l’accent sur le background des quêtes concernant les membres de l’équipage du Normandy : n’imaginez pas aller recruter vos potes dans des garderies ou chez le coiffeur ; ici, parmi la populace se mêlent des mercenaires, des assassins, ou encore des exilés. Et leur passé est noir, ou du moins suffisamment sombre pour vous faire apprécier la douce monotonie du métro-boulot-dodo. Chaque mission, que ce soit un recrutement ou encore une aide apportée à un membre pour gagner sa loyauté (ce qui non seulement apporte une mission de plus, mais débloque également une nouvelle habileté pour le personnage), est un délice scénaristique. Le souci du détail et de la cohérence sont poussés à leur comble et passer outre un dialogue serait un sacrilège face à l’énorme travail effectué. Pour l’immersion et le réalisme du monde de Mass Effect 2, chapeau bas messieurs Bioware. De plus, à l’intérieur même de l’histoire, le joueur peut influencer le déroulement des dialogues et les réactions des personnages à travers le choix des réponses et des agissements de Shepard.
Je tiens tout particulièrement à attirer votre attention sur le mot « choix ». En effet, la majeure partie de l’expérience de jeu se passe à travers vos décisions. Et quand je dis une majeure partie, je dis que nombre de quêtes, de relations, d’amitiés ou même d’amours sont conséquences directes de vos actes. Bien que suivant une ligne principale, le jeu et les rapports avec les divers interlocuteurs peuvent grandement varier, ainsi que l’aboutissement de votre quête. Durant les interactions avec les protagonistes, la possibilité pour Shepard de faire preuve d’empathie, ou au contraire de rudesse est offerte au travers d’actions contextuelles. Certes, Shepard ne peut pas devenir un monstre sanguinaire, à l’instar d’un Fable, mais l’on peut échafauder petit à petit son caractère. Ceci ayant évidemment une influence sur les choix disponibles à venir ; tant bien que si vous avez été une perle tout au long de la partie, il deviendra parfois impossible de sélectionner un agissement considéré comme négatif. Ainsi, vos décisions forgent réellement votre personnalité, et par-là même vos relations avec le monde.
Certes, l'aspect RPG est fondamental dans Mass Effect 2, mais il a néanmoins été légèrement mis de côté dans les combats au profit de l'action brute. L'interface a été simplifiée, et se résume maintenant à une roue de compétences et une roue d'armes accessibles par un simple bouton. Les phases de combat à proprement parler sont dénuées d'interfaces, ce qui est plutôt agréable et immersif. Petit bémol pour un jeu d'une telle qualité, les combats peuvent sembler répétitifs à la longue. En effet, se cacher, sortir, vider un chargeur et se re-cacher sont en général le quotidien des missions. Le côté tactique est néanmoins toujours nécessaire, et demande au joueur de savoir placer ses coéquipiers sur le champ de bataille.
Côté visuel, rien à redire. Le moteur Unreal Engine 3 remplit largement sa part du contrat. Le rendu graphique donne vraiment bien et la multitude de détails contribue largement à l'immersion et à la crédibilité de cet Action-RPG. Cependant, si l'aspect technique est excellent, c'est surtout le level design qui marque les esprits. Rien n'a été laissé au hasard. Les mondes sont complets et vivants et chaque recoin des nombreuses planètes explorables possède sa propre autonomie visuelle. Que ce soit à l'intérieur d'un vaisseau ennemi, sur une plage ou en plein combat spatial, le joueur n'a jamais l'impression d'être déjà venu. Certaines planètes, par exemple, ont un soleil si puissant qu'il faut rester à l'ombre pour ne pas bruler son armure, tandis que d'autres ne voient quasiment jamais le jour ou sont des repaires de nightclubs. L'ambiance sonore, quant à elle, contribue largement à l'excellence du jeu. Digne des plus grands films de science-fictions, la musique est omniprésente et magnifiquement orchestrée, et les doublages sont irréprochables. En gros, très peu de reproches à faire à Mass Effect 2, hormis quelques bugs sans trop d'importance et une IA parfois simplette, mais ne crachons pas sur la bête.
Fort de leurs expériences passées, nos amis canadiens de Bioware nous offrent là un space opera grandiose, immersif et massivement détaillé. Un univers riche et addictif, qui satisfait amplement l'attente des joueurs quant à ce deuxième volet de la trilogie Mass Effect. Plus sombre que son aîné, et moins porté sur l'aspect RPG que sur le côté Action, Mass Effect 2 est une belle bombe. Impossible de s'en détourner avant la fin, et ce au prix de bon nombre de nuits blanches et de jours de congé payés par l'assurance maladie.
X-Box 360
Jouabilité :
9





La prise en main est impeccable, les phases d'action étant particulièrement intenses et rapides. l'Interface est épurée et Shepard répond sans accroche
Réalisation :
9





Tout simplement magnifique, le moteur Unreal Engine 3 marche à merveille. Un travail d'orfèvre, tant sur l'aspect technique que sur le level design, qui a été poussé à son comble.
Bande-Son :
9





Que ce soit au niveau des doublages ou de l'ambiance, ou encore de la musique, Bioware nous offre ici une expérience sonore digne d'un Star Wars. Complétement immergé dans le jeu, on a l'impression de faire partie d'un film
Scénario :
9





L'un des gros points forts du jeu, à l'instar du premier opus. Si la trame scénaristique de base est d'excellente qualité et offre au jeu une ossature solide, c'est surtout le background complet propre à chaque personnage et à chaque lieu du jeu qui est exceptionnel. Chaque personnage possède une histoire complexe et l'impact des choix du joueur tout au long du jeu implique un nombre d'alternatives scénaristiques plutôt énorme. Du grand art
Durée de Vie :
8





Comptez environ 20h pour terminer la trame principale. Ajoutez ensuite une bonne dizaine d'heures en plus si vous menez à bien les quêtes annexes, poussez les recherches d'amélioration d'équipement à fond, et explorez les dialogues et les scénarios jusqu'au bout. Tout ceci sans sans songer à la possibilité de refaire le jeu avec une autre classe, ou en explorant les différentes fins. En somme, de longues nuits blanches en perspective...


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