
« Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance. » Qu’il est fascinant ce neuvième vers du troisième chant, que l’on peut lire dans « Enfer » : nom de la première partie de « La Divine Comédie ». Cette œuvre majeure (fondatrice, diront certains) de la littérature italienne écrite au quatorzième siècle par Dante Alighieri nous raconte sa descente des neufs cercles de l’enfer, guidé par le poète Virgile. Cercle après cercle, le héros découvre les châtiments réservés dans les entrailles de la terre à tous ceux qui ont péché lors de leur passage sur terre. Luxure, violence, blasphème, et bien d’autres crimes sont ici-bas les raisons de tourments éternels. Seule une vie pieuse et profondément croyante peut vous épargner ces horreurs…
A moins que vous n’osiez vous rebelliez contre l’enfer!? A vos Dualshocks mes frères et partons porter la fureur divine de Dante aux entrailles de la PS3 !
Pour tous ceux qui sont en train de se demander si Warp-Zone a décidé de se lancer dans le testing de livres, sachez qu’il n’en est rien. Je parle bien ici d’un jeu vidéo, «Dante’s inferno» plus précisément. Mais malgré tout, la différence entre le livre et le jeu est maigre. On peut relever quelques différences dans le scénario, mais faut reconnaitre qu’un guerrier qui tue la mort (au sens propre) pour lui voler sa faux et ensuite descend volontairement en enfer se battre, ça a quand même plus de gueule qu’un poète lyrique perdu en forêt! Mais à part ces quelques adaptations scénaristiques, l’univers du livre et sa chronologie sont globalement bien respectés.
Pourquoi est-ce que je m’appesantis alors autant sur cet aspect du soft ? C’est vrai quoi, depuis le début du test il y en a que pour la littérature, divine comédie par ci, tourments par là. « Et le jeu (bordel)! » me direz-vous ? Eh bien le jeu, c’est le livre ! C’est le moyen-âge ! Les décors que vous traverserez seront dégoûtants, cauchemardesques et sales! Les adversaires que vous affronterez seront d’authentiques monstres déformés, ignobles et certains seront carrément choquants (attendez de devoir affronter des bébés non baptisés…) ! La bande son est remplie de cris et de plaintes que viennent parfois apaiser des longs sanglots de violons. Les Boss sont différents grands-noms de l’histoire humaine, transformés en damnés souffrants mille morts dans l’éternité obscure du royaume de Lucifer! Vous l’aurez compris, niveau ambiance c’est vraiment du bon niveau ! Une ambiance noire et ultra-violente, fidèle à l’œuvre d’Alighieri, vous attend.
C’est donc dans une ambiance sombre à souhait que notre héros s’en va guerroyer. La guerroyade justement, voilà l’autre grand sujet de Dante’s Inferno. Globalement, les amateurs de beat’em all s’y retrouveront : des enchainements démoniaques et des grandes salves d’énergie de temps en temps pour dégager l’horizon lorsque les ennemis vous submergent. Une fois bien entamés, vous pourrez finir vos ennemis avec de sublimes enchainements, sous réserve de taper le bon bouton au bon moment !
Le reste de l’aventure se compose pour une bonne part d’énigmes et de sessions de balancé-accroché à la liane. Préparez vous à devoir raisonner sur plusieurs dimensions et à devoir gérer plusieurs leviers, de quoi bien se prendre la tête et finir bien énervé… Heureusement, les ennemis sont là pour se défouler !
Lors de vos rencontres, le choix principal qui vous sera donné sera : Carré pour Punir, Rond pour Absoudre. Je m’explique : votre job est de récupérer des âmes, afin d’ « acheter » des nouvelles attaques ou des améliorations de santé ou de magie pour ce cher Dante. Toutefois, pour recueillir ces améliorations, il vous faudra les débloquer, monter en niveaux. Alors soit vous accordez l’absolution aux personnages que vous rencontrerez (d’authentiques personnages historiques) et vous développez votre côté divin. Ou vous les condamnez à la damnation éternelle, développant alors votre côté démoniaque. Simple non ? Alors en route, grands rédempteurs devant l’éternel !
Dante’s Inferno est donc une très bonne surprise pour tous les amateurs du genre. Certes on retrouve bon nombre d’éléments techniques et de gameplay tirés de l’univers de Devil May Cry (et au fait, comment il s’appelait déjà le héros de DMC ?), mais les développeurs de Visceral Games ont su conférer à leur soft une identité forte, dans le respect de l’œuvre originale et de l’esprit religieux médiéval. Un très bon jeu qui vous fera passer de bonnes heures de festoyade campé au fond de votre taverne !
PlayStation 3
Jouabilité :
8





Préparez vous à jouer de tous vos doigts ! Les actions de base sont faciles à saisir, mais les actions spéciales, les timings de saut, les combinaisons d’attaques et autres esquives vous prendront quelques moments à mémoriser. Après ça, le déluge !
Réalisation :
9





Très beau travail d'adaptation d'un univers noir, tourmenté et complexe dans un jeu vidéo violent, explosif et jouissif. L'enfer vous tend les bras!
Bande-Son :
7





Très bien travaillée quoiqu'un poil rébarbative: les mêmes thèmes vont et reviennent, entrecoupés de cris et de plaintes fantomatiques.
Scénario :
7





Une adaptation est toujours une opération délicate, certes grandement simplifié, le scénario du jeu reste prenant et fidèle à l'œuvre originale.
Durée de Vie :
6





C'est court hélas, mais n'hésitez pas à visiter l'enfer en tant que "condamné" (terme technique religieux pour "mode Hard"), les serviteurs de Lucifer ne vous feront pas de cadeaux!


0 vote
Notez ce jeu !
1 commentaire
Donnez votre avis !
