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Army of Two : Le 40ème jour

Army of Two : Le 40ème jour

Il y a deux ans de cela, nous voyons débarquer après moult report un Army of Two signé des studios d’EA Montréal et ayant pour but de venir faire du grabuge sur le terrain de jeu favoris d’un certain Gears of War. La comparaison n’ayant pas tenu bien longtemps face au véritable rouleau compresseur exclusif à la console de Microsoft, Rios et Salem, les deux héros du jeu se virent retourner au vestiaire, eux et leurs blagues foireuses. Mais il leur en fallait plus aux petits gars de chez EA pour s’avouer vaincus. C’est ainsi que nous est donné Army of Two : le 40ème jour avec, il faut l’avouer, des promesses bien agréables et un développement au combien moins chaotique que son illustre aîné !

Une histoire made in China

Hé non, ça ne veut pas dire que c'est de la contrefaçon, au contraire ! Rios et Salem, les deux meilleurs copains au monde ont fondé une société privée de mercenariat après les événements d'Army of Two premier du nom et lors d'une mission d'assassinat dite « de routine » les faisant voyager jusqu'à Shanghai, ils vont être les témoins d'un retournement historique de tout premier plan. En effet, du balcon de l'immeuble où les deux compères devaient exécuter leur cible, ils assistent à un véritable raz de marée de missiles s'abattant sur la ville chinoise, ravageant ses gratte-ciels, détruisant ses monuments et encombrant le ciel d'une fumée noirâtre aux amères accent de chair brûlée et de destruction. Piégés, bien malgré eux, dans cet enfer sur Terre, les deux mercenaires n'auront qu'une seule alternative pour survivre : traverser le brasier ardent géant qu'est devenu la ville en prenant garde au groupe de mercenaires terroristes qui a commandité ce qu'on peut appeler certainement le plus dévastateur attentat jamais proféré dans un jeu vidéo !

Premier constat à tirer de ce topo de départ, c'est qu'après nous avoir mené autour du monde, les gens d'EA se sont concentrés à nous faire visiter une seule et même ville pour Army of Two : le 40ème jour. Mesure de maîtrise plus poussé de l'environnement oblige, les effets se retrouvent concrètement sur l'écran avec un soin méticuleux de certains lieux tout bonnement exceptionnel pour un jeu qui en réalité ne se veut pas comme pire cauchemar des ténors du genre, mais bel et bien comme une expérience nouvelle tournant autour d'un gameplay en mode coopératif cette fois-ci plus poussé que dans le précédent opus. La mise en scène spectaculaire n'est pas sans rappeler Call of Duty : Modern Warfare 2, grand carton de l'année 2009, avec notamment la fuite de l'intérieur d'un bâtiment qui s'effondre sur lui-même ou une séance de shoot scriptée dos à dos avec son partenaire particulièrement hollywoodienne. Possédant une multitude de passages à couper le souffle mais tout aussi scriptée que la bombe visuelle d'Infinity Ward, AoT : Le 40ème jour se rattrape néanmoins par un level design consistant et inspiré, comme nous le montre la traversée d'un zoo, d'un port (de toute beauté) ou d'un hôpital. En bref, le déroulement d'Army of Two se fait avec linéarité, mais aussi avec beaucoup de maîtrise sur la mise en scène censé développer de l'émotion chez le joueur, un parti pris chez les développeurs qui ont réussi leur pari tout en donnant de la variété dans la progression, juste assez pour tenir le joueur en haleine.

Cet abruti avec le masque là, c'est mon meilleur pote...

Là où Army of Two premier du nom décevait, c'est sur son gameplay promis comme étant le renouveau de la coopération sur console. Garantissant aux joueurs la possibilité de mettre sur pied des stratégies complexes et intéressantes se basant sur les possibilités diverses de franchir les obstacles à l'aide de son compagnon, il n'en fût en réalité rien. Se résumant à deux ou trois utilisations de la courte échelle ou d'une utilisation d'une portière d'épave de voiture comme bouclier de fortune l'espace de trois minutes, le déroulement d'AoT n'était que succession de minis forts surprotégés à prendre d'une manière redondante et usé jusqu'à la corde : un fait diversion en faisant un barrage d'enfer et de coup de fusil d'assaut, tandis que l'autre contourne et prend l'ennemi à revers.

Pensé avant tout comme un jeu délivrant toute son essence en coopération, vous aurez le maximum de plaisir procuré qu'en jouant avec un ami. Cela étant dit, l'IA se révèle d'assez bonne facture pour que vous n'hésitiez pas à vous lancer dans l'aventure seul devant votre télévision. Là où les développeurs semblent avoir compris la leçon, c'est dans l'étendue des possibilités offertes pour progresser de façons plus variées que précédemment. En résulte un level design plus complexe, sinueux et adapté au gameplay. Si la méthode du « tu me couvres et je contourne » est toujours présente, sachez que vous pourrez désormais vous servir de votre partenaire comme d'un sniper pouvant couvrir toute une zone en ayant emprunté un chemin différent du vôtre (un escalier montant jusqu'à une zone surélevée par exemple). Aussi, vous aurez la capacité de prendre à revers un soldat gradé ennemi lors d'une phase rappelant agréablement Metal Gear Solid afin que votre partenaire puisse mettre à mal ses compagnons qui n'oseront se défendre en voyant leur tête pensante entre vos jolis bras musclés.

En plus de la mort simulée déjà présente dans le premier épisode, vous pourrez désormais prétendre une rédition face à l'adversaire qui pour le coup, créera une scène aux élans impressionnant de film d'action à la John Woo en la présence d'un bullet-time qui devrait vous servir à prendre de surprise votre bourreau pour lui mettre une balle entre les deux yeux au moment où il s'y attend le moins. Petit moment salvateur dans le déluge de coup de feu qui bercera habituellement vos joutes épiques face à des dizaines de mercenaires sur armés. Ce qui m'amène à vous dire, toujours rayon amélioration du gameplay, que les protections de fortune avec un bouclier du pauvre (portière de véhicule) ou les blocus faits sous le feu de l'action avec une simple table retournée sur elle-même sont toujours présentes. Et même que leur utilisation a été affinée, le mode de coopération permanent entre les deux personnages en devient beaucoup moins superflu que son aîné.

Autre ajout sympathique, les choix moraux. Explications : deux choix fondamentalement opposés vous seront proposés à certains moments, le parti pris de l'un ou de l'autre aura des répercussions, parfois minimes sur la suite de l'aventure. Par exemple, il ne tiendra qu'à vous de laisser un homme survivre, ou alors lui coller votre pistolet sur la tempe afin de l'éliminer et ainsi récolter sa réserve de munitions ! Si sur le coup, tout cela parait anecdotique, gardez vous de ne pas trop faire le barbare avec ces pauvres civils ou il vous en coûtera à un moment ou un autre !

La gestion de son camarade a d’ailleurs été elle aussi affinée. Vous bénéficierez de plusieurs modes, à savoir : « avancer » qui permet comme son nom l’indique d’avancer, « avancée agressive » qui permet d’avancer tout en étant combatif, voire brutal (tirer à vue) ; « tenir la position » pour rester caché derrière un abris jonchant le champ de bataille, « tenir la position agressive » qui consiste également à se tenir à couvert, mais aussi à riposter aux tirs subits ; « regroupement » qui permet tout simplement de réunir les deux compères lorsque l’un d’eux a du emprunter un chemin différent par exemple, et enfin « regroupement agressif» qui rejoint la première fonction de regroupement, mais en faisant en sorte que votre partenaire ne crache pas sur une salve de munitions à coller dans le ventre de son adversaire ! Ces diverses fonctions entrant en scène de façon tout à fait naturelle ont un commandement on ne peut plus simple à base de pression sur les flèches directionnelles de la manette.

En définitive, gardez à l’esprit que AoT : Le 40ème jour garde en grande partie tout ce qui a pu, ou aurait pu faire le succès de son prédécesseur, en affinant certains mécanismes et en les rendant moins lourdauds, plus naturels ; la faute aussi à un level design beaucoup moins artificiel qu’avant.

Tient Tys’, t’as fait un lifting ? La ferme Salem…

Le travail des développeurs sur le plan technique n’est pas à dénigrer ! Si dans le premier opus, la modélisation 3D des personnages principaux était de fort bonne facture, il en est tout autant ici. Leurs démarches, leurs armures étincelantes, leurs animations, tout est d’un rendu exceptionnel qui renforce diablement bien l’impression de véritable chambardement dans les rues d’un Shanghai à feu et à sang. Mais c’est cette fois-ci ce sont les décors qui tirent leurs épingles du jeu. Ainsi, on se trouve devant un level design comme dit plus haut très bien inspiré. Les rues jonchées de décombres, suffocantes de détails et de ruines diverses sont un plaisir pour tout les commandos en herbe. La mise en scène extrêmement aguichante avec son lot d’explosions et d’effets de lumière saisissants à l’image d’un dernier blockbuster made by Michael Bay saura contenter la plupart des rétines avides de sensation graphiques fortes en cette nouvelle génération de consoles surpuissantes.

Certains lieux visités sont particulièrement déstabilisant tant l’inspiration purement artistique semble avoir été portée à son summum. A l’image d’un port de Shanghai au crépuscule, en ruine et avec comme triste fond le reste de la ville en train d’étouffer sous les flammes, les décors on jouit d’un travail d’ambiance convainquant, en résulte dans l’ensemble des sensations de dépaysement bel et bien présente malgré que l’on ne quitte jamais la ville en fin de compte. Un tour de force qu’il s’agit de saluer bien bas.

Malgré tout, et au beau milieu de la surenchère d’effets spéciaux saisissants tout au long de l’aventure, des chutes de frame rate pas forcément significatives de la mauvaise fluidité du titre sont à dénoter. Les étranges petits freeze intervenant sans même que l’on s’en rende compte parfois (il faut avoir l’œil,avouons-le) s’invitent en plein milieu d’un couloir vidé de toute action, et ce que ce soit sur Playstation 3 ou XBOX 360 ! Ne dérangeant pas outre mesure le joueur, il faut aussi ajouter la présence d’un très léger clipping sur certaines zones parfois surchargées en détails, mais on a vu largement pire et il serait de très mauvaise foi de descendre le jeu pour cela. Enfin, et pour finir le tour d’horizon des petits inconvénients techniques du titre, citons des temps de chargement parfois un peu longs, et qui cumulés à force de recommencer plusieurs fois la même zone après avoir été tué, peuvent devenir irritants.

La bande son elle, se fait tout comme la première, peu remarquer sous un déluge de coups de feu qui assure à peu près à elle seule une ambiance du feu de dieu pendant les joutes armées. Ainsi, si les bruitages des armes, des destructions du décors et autres effets sonores distillent une impression de chaos impénétrable, les musiques anecdotiques ne se font que peu entendre. Qu’importe, comparé à Modern Warfare 2 qui a profité de la participation du grand Hans Zimmer, AoT devrait dans la logique des choses faire pâle figure, mais au final, on se contente de jouer avec plaisir, sans trop se poser la question de quelle tête aurait les partitions des thèmes.

Les doublages français, trop rares pour que l’on se permette de les signaler ici, sont aussi de bonnes factures. Si les voix de « Maxi Tys’ » et « Crazy Salem » ne sont pas un modèle de professionnalisme indubitable comme pourrait l’être celle de David Hayter (Snake dans Metal Gear Solid), les répliques parfois à mourir de rire et le ton très bien respecté donne une douce saveur de détente entre deux fusillades brûlantes d’intensité. Un côté second degré bienvenu.

En conclusion, Army of Two : Le 40ème jour est ce que devrait être une suite d’un premier soft en demi-teinte : une amélioration concrète, sincère de tous les mécanismes de jeu, une expérience retravaillée avec efforts et passion pour offrir une qualité de jeu plus convaincante. Sans être le HIT absolu dans le genre, il mérite que l’on s’y attarde dessus, et que l’on fasse fi des préjugés générés par son aïeul. AoT est beau, jouable, jouissif, agréable pad en main, mise en scène de façon extraordinaire, et l’envie de replonger encore dans l’enfer d’un Shanghai dévasté devrait poindre le bout de son nez dans un petit moment.

Marcio

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Army of Two : Le 40ème jour 18+

ps3 PlayStation 3

Editeur :
Electronic Arts
Développeur :
Electronic Arts
Date de sortie :
14.01.2010
Catégorie :
Action
Nombre de joueurs :
2
Site officiel :
visiter le site officiel
Existe sur :
psp ps3 x360

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Notes

Jouabilité :

7

Une variété dans les actions salvatrices, le maniement du personnage en lui-même reste une étrange sensation de conduire un camion-benne, mais rien de grave.

Réalisation :

8

L’un des gros point forts du titre depuis son premier épisode. La modélisation 3D est très bien fichue tandis que le déferlement d’effets spéciaux garanti une ambiance du tonnerre ! On dénote pourtant quelques légers soucis techniques comme des freeze quasi anecdotiques.

Bande-Son :

6

Les musiques se font très discrètes, mais la note est relevée par des bruitages de fort bonnes factures. Les doublages vocaux sont drôles et attrayants.

Scénario :

7

Le scénario ne nous fait pas voyager outre mesure, ce qui déclenche une maîtrise de l’environnement bien plus grande malgré une linéarité somme toute relative et finalement pas si dérangeante. Les choix moraux sont les bienvenus, d’ailleurs le” boss final” en propose un particulièrement drastique !

Durée de Vie :

8

Compter entre 6h30 et 9h de jeu pour une catégorie de joueur qui va du « pro du genre » à « joueur occasionnel ». 3 niveaux de difficulté qui s’adaptent plutôt bien. Ajouter à cela une replay value assez conséquente, on peut y retoucher grosso modo un an après l’avoir déjà terminé.

Le test en bref

Les Plus

  • Graphismes de bonne facture
  • mise en scène explosive
  • Gameplay amélioré
  • Level design inspiré
  • Bruitages convaincants
  • Diverses petites idées sympathiques

Les Moins

  • Musiques peu présentes
  • Temps de chargement
  • Quelques soucis techniques

Note du rédacteur

8

Note du public

7

2 votes
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