
Le premier épisode d'Assassin's Creed n'était certainement pas un mauvais jeu, mais on ne peut nier qu'il avait eu un effet de pétard mouillé, tant le résultat final était en déca des attentes monumentales qu'on avait à son égard. Pour ce deuxième épisode, même si les previews étaient alléchantes, on ne peut que l'aborder avec une certaine réserve. De même, la question demeure: est-ce que Assassin's Creed II ne serait pas Assassin's Creed 1.5 ?
ACII commence là où le premier opus s'est terminé, pour ne pas dire à l'image près. On retrouve donc notre cher Desmond dans son monde contemporain-futuriste, et encore une fois il va s'agir de lui faire revivre les mémoires d'un de ces ancêtres à travers l'Animus. Exit Altaïr et la période des Croisades, le héros du jour se nomme Ezio Auditore da Firenze et son aventure aura lieu en pleine Renaissance italienne.
Si Altaïr était plutôt posé et classieux, le changement est radical avec Ezio, qui est un jeune noble italien fougueux et impulsif. Dès les premières minutes, on s'attache beaucoup à ce personnage avec l'arrogance de la jeunesse, et le joueur se sent vraiment impliqué dans l'histoire qui va amener Ezio à suivre le chemin des assassins pour venger sa famille qui s'est fait trahir. En chemin, il va rencontrer nombre de personnages fictifs ou réels, tels que des membres des Médicis, ou encore Leonardo Da Vinci. Ce dernier est clairement un personnage fort du jeu, et même s'il peut sembler surréaliste d'avoir Da Vinci faire office de Q de James Bond, on se laisse convaincre par les dialogues plutôt bien écrits et les doublages de qualité, avec accent italien évidemment.
On ne peut être qu'admiratif devant le travail effectué pour reconstituer les villes qui vont servir de théâtre à l'histoire. Les monuments de Florence et Venise sont magnifiquement restitués, et le travail documentaire immense, nous donnant accès à une base de données regorgeant d'informations sur telle ou telle église. De même, les énigmes cachées qui demandent de trouver des liens entre divers peintures ou photos de toutes époques possèdent une saveur "Dan Brownesque" plutôt bienvenue.
En ce qui concerne le gameplay, plusieurs changements notables ont été effectué. Pour répondre à l'une des problèmes majeurs du premier, la redondance, on a droit ici à un plus large panel d'activités à notre disposition. Comme dans tout open world qui se respecte, c'est au joueur de décider quelle importance il attache à la quête principale ou aux missions secondaires, mais celles-ci sont nombreuses, même s'il faut bien avouer qu'on a plutôt envie de suivre l'aventure d'Ezio plutôt que d'aller faire le postier.
Ezio se manie comme Altaïr, et il faut un moment pour se réhabituer à la maniabilité rigide qui peut choquer lorsqu'on sort d'Uncharted. Les passages de plate-formes sont désastreux, mais heureusement ils sont peu nombreux. Malgré tout, voir Ezio grimper sur les monuments en s'accrochant aux vitraux et aux fissures et toujours aussi gratifiant, et les animations sont magnifiques.
Quant au combat, si la contre-attaque ridiculement bourrine du premier a été quelque peu revue à la baisse, mais elle reste néanmoins très efficace. Si l'on a quelques nouvelles possibilités comme arracher l'arme de l'adversaire pour l'utiliser contre lui, ils sont plutôt faciles dans leur globalité, à un point où on a presque envie de faire fi de la discrétion lors des assassinats, tant il suffit de passer à tabac les gardes un à un si l'on se fait repérer. Heureusement, l'ambiance et la sensation de plaisir qu'il y a à se mettre dans la peau d'Ezio nous décourage.
Autre grande nouveauté, le système d'argent qui donne une petite touche RPG à l'ensemble. Malheureusement, si l'idée est bonne, l'équilibrage ne l'est pas du tout. On passe la première partie du jeu à compter les sous et acheter que ce qui est essentiel, et sans qu'on s'en rende compte on se retrouve ensuite à tout acheter tant on déborde d'argent. Toutefois, cet aspect est plutôt sympathique, même s'il fait plus office de gadget que de vrai élément essentiel. De la même manière, la possibilité de louer les services de brigands ou de courtisanes pour distraire des gardes est bienvenue et agréable, mais au final très situationnelle.
Quant aux graphismes, ils oscillent entre le fabuleux et l'ignoble. Les environnements sont somptueux, et la profondeur de champ hallucinante, mais il arrive que le frame-rate en fasse les frais. Toutefois, il faut bien avouer que contempler Florence depuis le haut d'une tour qu'on vient de gravir est, pour faire un euphémisme, dépaysant. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant des visages, qui font plutôt pitié aux standards actuels. En revanche, même s'ils sont franchement moches, les expressions sont bien rendues et les personnages tous expressifs.
On a tellement l'habitude d'entendre "on a appris de nos erreurs sur le premier, ce nouvel opus corrige les défauts" en vain qu'on a oublié qu'il arrive que ça soit vrai. Assassin's Creed II est un grand jeu, indubitablement. Avec une durée de vie frôlant la vingtaine d'heure, un héros charismatique au possible et un gameplay repensé, ce jeu est bien la suite que l'on espérait, et pas juste une remise à niveau du premier. Evidemment, il n'est pas sans certains écueils, notamment des combats trop faciles et des graphismes schizophrènes, mais cela fait pâle figure comparé au reste de ses qualités qui assureront un grand moment pour tout joueur décidant de se lancer dans l'aventure d'Ezio.
PlayStation 3
Jouabilité :
6





Ezio est rigide et les sauts sont loins d'être évidents, mais l'escalade est intuitive et fluide.
Réalisation :
8





Entre le sublime (les lieux) et le ridicule (les visages).
Bande-Son :
9





L'OST de Jesper Kyd est absolument splendide, clairement un gros point fort.
Scénario :
7





L'aventure d'Ezio est prenante, même s'il arrive qu'elle parte un peu dans tous les sens.
Durée de Vie :
7





Vingt heures sans faire toutes les missions secondaires, soit presque deux fois plus qu'un jeu d'action standard. Toutefois, pour un open world, il y a peu de chance qu'on fasse beaucoup à côté de l'histoire.


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