
Trois ans après Magna Carta: Tears of Blood, les studios Softmax reviennent nous prouver que les coréens ne réservent pas leurs talents aux seuls mmorpg, mais peuvent également prétendre tenir tête à leurs voisins nippons dans le domaine de l'action RPG. Si, de nom, il est l'héritier du premier opus, Magna Carta 2 diffère néanmoins de son prédécesseur par son système de combat dans lequel la gestion de l'endurance et des Kans (énergie) est primordiale. Toujours présente, la patte artistique de l'artiste Hyung-Tae Kim nous offre, dans ce titre, une palette graphique fine et colorée. Pas tout à fait une suite, Magna Carta 2 nous propose une aventure intéressante et une immersion due à un système de combat ma foi bien pensé. Le jeu promet ainsi des heures d'exploration au sein d'une aventure efficace et surprenante.
Reprenant de nombreux aspects classiques du RPG asiatique, on incarne ici le jeune Juto, adolescent insouciant et amnésique, profitant de la quiétude de l'île du Hautvent. Calme qui ne sera que de courte durée puisque son île se voit prise d'assaut dans un conflit qui oppose les forces du nord et du sud dans la conquête du royaume de Lanzheim. Notre héros s'allie alors avec la princesse déchue Zelphie et, sur fond de vengeance, entreprend de combattre les responsables de son malheur dont Elgar, le meurtrier de sa meilleure amie. Sur fond politique, Magna Carta 2 revisite les thèmes sur-classiques du RPG, à savoir l'amour, la vengeance, la trahison ou encore l'amitié.
Si, dans les premiers instants de jeu, la linéarité du scénario et le peu de liberté dans l'exploration de l'univers peuvent dérouter, le système de combat, lui, aura vite fait de captiver le joueur. En effet, le succès des affrontements en temps réel dépend largement de la faculté du joueur à tenir compte de nombreux paramètres: les groupes sont constitués,la majorité du temps, de trois personnages, chacun d'eux possèdant une barre d'endurance qui se remplit rapidement après chaque coup porté. Dès lors que la barre dépasse son maximum, le joueur se retrouve en suractivité; s'il ne crée pas directement une chaîne de combo avec un autre personnage, il passe en surcharge et devient inactif pendant une dizaine de secondes. Cette fameuse chaîne de combo apporte un plus stratégique intéressant, dans la mesure où il implique la gestion des barres d'endurance d'au moins deux avatars en même temps. Si le joueur parvient à lancer une attaque spéciale alors qu'il est en suractivité, il a quelques secondes pour faire de même avec un deuxième personnage dont les coups seront alors bien plus puissants. La réussite du tout entrainera le reset des barres d'endurance et permettra de continuer le combat sans attendre.
Durant le combat, le joueur doit désigner un personnage comme étant le leader qu'il dirigera durant l'attaque; il devra alors en changer dès qu'il aura besoin d'une autre compétence. Seul petit bémol, l'IA des membres que l'on ne dirige pas laisse un peu à désirer: vos healers oublieront parfois leur rôle premier pour porter une attaque et d'autres attaqueront un peu au bol ou attendront sagement derrière un poteau, bloqués dans leur avancée. (pathfinding).
Malgré tout, ce système assure des combats intenses et captivants. Soulignons d'ailleurs, à l'instar du premier opus, l'utilisation des Kans des personnages: chaque compétence spéciale demande l'utilisation d'une quantité d'énergie, affiliée à une école de magie. Cette énergie se recharge en portant des coups de base, du moment que le joueur se trouve dans une zone qui produit des kans de cette école. Si par exemple le groupe se trouve dans une zone remplie de kans de feu, le personnage utilisant des sorts de feu sera alors à son avantage, tandis qu'un personnage utilisant la glace ne pourra utiliser ses attaques spéciales que bien moins souvent. Il devient alors primordial de bien choisir son groupe et le joueur ne peut stratégiquement se cantonner à trois uniques personnages. Ce concept ne s'applique en revanche pas au personnages qui n'utilisent pas de magie, comme Juto et Argo, qui rechargent leurs attaques spéciales constamment. De plus, chaque personnage peut équiper deux types d'arme, chacune impliquant un style de jeu et des compétences différents, personnalisables à travers un arbre de talent propre à chaque arme. Les améliorations d'armes grâce aux Kamonds, sortes de gemmes possédant des caractéristiques propres, permettent au joueur de fignoler sa stratégie et offre une certaine liberté plutôt bienvenue, pour palier à la linéarité du jeu. En soi, un système de combat bien rôdé et captivant, qui demeure un atout majeur de cet opus.
S'il est un point fort du jeu, c'est avant tout le travail artistique de Hyung-Tae Kim, qui a également travaillé sur la série des « War of Genesis », et qui appliquera aussi son talent sur Blade&Soul, futur MMORPG de Ncsoft. Bien que, techniquement parlant, Magna Carta 2 souffre de quelques défauts graphiques, tels qu'un flou dérangeant sur l'arrière-plan, une faible distance de vue, et quelques effets de clipping désagréable, la richesse artistique du jeu est très agréable et participe activement à l'immersion du joueur. Mauvais point pour le rendu de l'eau en revanche, qui aurait pu être mieux travaillé, avec les capacités des machines actuelles. Néanmoins, les personnages sont attachants et le travail fait sur l'animation des visages pendant les dialogues est tout à l'honneur du studio coréen. La bande-son, bien qu'un tant soit peu répétitive, colle bien à l'univers du jeu et on se surprend vite à siffloter les mélodies sous la douche.
En résumé, Magna Carta 2 offre une aventure tout en couleur et se dote d'une excellente durée de vie. S'il faut au moins une quarantaine d'heures pour terminer l'aventure principale, c'est sans compter sur les quêtes annexes qui jonchent chaque zone et qui permettent de fortifier les personnages tout en dévoilant quelques pans de l'univers du jeu. Plutôt accrocheur, cet opus est une excellente surprise et cache bien ses quelques défauts sous une myriade de concepts novateurs. A conseiller à tous les amateurs d'action-RPG, de RPG, voire à tous les aventuriers en mal de quêtes et d'exploration
X-Box 360
Jouabilité :
8





La prise en main du personnage en mode déplacement est excellente et la caméra répond très bien. Si dans les combats, l'IA souffre parfois de problème de "pathfinding", le dynamisme et les combos deviennent rapidement facile à placer
Réalisation :
7





Si l'on passe outre les quelques bugs graphiques et la discutable pauvreté des zones en extérieur, le travail artistique de l'artiste coréen Hyung-Tae Kim relève le niveau et offre des personnages détaillés et haut-en-couleurs.
Bande-Son :
7





Sans être vraiment exceptionnelle, la bande-son colle bien avec l'univers et contribue à l'ambiance agréable du jeu. Point positif pour les doublages anglais des voix durant les dialogues et les combats
Scénario :
7





Reprenant facilement les nombreux clichés des RPG asiatiques, l'histoire de Magna Carta 2 captive néanmoins le joueur tout au long de l'aventure. Et si l'on arrive à se douter de l'évolution du scénario, quelques surprises bien placées font de cet opus un RPG de bonne facture
Durée de Vie :
9





Pas de foutage de gueule à l'horizon, comptez une quarantaine d'heures de jeu minimum, répartis sur deux galettes. Le tout sans compter les nombreuses quêtes annexes, parfois inutiles, que l'on retrouve tout au long de l'avanture et qui propose au joueur un nombre conséquent d'heures de jeu.


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