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Opération Flashpoint : Dragon Rising

Opération Flashpoint : Dragon Rising

A la guerre, il y a deux écoles. D’un côté, on retrouve les poids lourds de la comm : le cinéma, les pubs de recrutement, TopGun, et éventuellement quelques playmates en treillis pour les éditions spéciales de Playboy, qui ont tous le leitmotiv suivant « La guerre, c’est beau, c’est bien, et c’est marrant ». De l’autre côté du continuum psychologique de la représentation guerrière, on trouve tous ceux qui cherchent à réaliser la guerre. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit sous prétexte que ce que j’ai dit ressemblait à ce que vous auriez voulu entendre : je ne parle pas ici des barbus, des barbouzes, ou autres poilus, mais des fans de air-soft, des accros de la simulation, de ceux qui n’en ont jamais assez des parcours du combattant et des professionnels de la sécurité.

Un public particulier, qui sait à quoi ressemble un exercice d’infiltration nocturne, une manœuvre d’encerclement, une annonce radio ainsi que les règles de sécurité relatives à l’emploi de son arme. A ce public donc, Operation Flashpoint Dragon Rising veut apporter la réponse ultime, celle de la simulation de combat moderne la plus poussée et réaliste. Messieurs, ne vous y trompez pas, cette fois, on y va pour de bon !

Chine et Russie sont sur un bateau…

La Russie tombe à l’eau, qui reste sur le bateau ? Les Marines ! C’est en substance le contexte politico-économique (un brin simplifié) dans lequel va se dérouler l’action. Et c’est au travers d’une vidéo d'introduction ma foi fort bien réalisée que tout cela nous est présenté. L’île de Skira, qui fût au cours de l'Histoire tantôt occupée par les Russes, tantôt par les Japonais, devient un gâteau débordant de pétrole plus qu’appétissant aux yeux de la révélation de l’année 2008, catégorie "grande puissance", à savoir la Chine. Crise économique, ralentissement de la consommation, frein du développement, et la Chine attaque Skira, les Russes demandent alors l’assistance de ce bon vieil oncle Sam, qui a déjà plusieurs fois fait la démonstration de sa capacité à sauver le monde, de Independance Day à Godzilla.

Et pour tous ceux qui aiment un tant soit peu les grands récits politico-économico-guerriers à la Tom Clancy, saupoudrés de suspense à la Ludlum sur une rythmique implacable, on peut dire que cette intro nourrit les frustrations. Car dans le jeu, pas de personnages charismatiques, une intensité scénaristique aussi poussée qu’une histoire de Toto et des rebondissements absents. Pourtant tout dans OFDR indique une volonté de grand-spectacle : des mises en scène grandioses, de larges étendues où ronronnent les rotors des hélicos patrouillant au clair de lune, des convois ennemis dont les déplacements sont savamment placés sur notre route, bref, il y a un immense potentiel inexploité et qui aurait pu faire véritablement pencher la balance. D’autant plus que les occasions d’insérer des petites historiettes ne manquent pas tant le jeu est truffé de situations délicates, tendues, où on se sent vraiment immergé dans la peau de soldats déployés pour une mission spéciale, l’oreille à l’affût du moindre bruissement de nos adversaires…

OFDR, PLA, USMC, IA, LOL

A tous ceux qui s’attendent à jouer à un FPS, je vous invite à réfléchir un petit instant. Si par FPS vous entendez grosse boucherie avec des armes énormes qui ont une cadence de tir de 30'000 coups par seconde, alors OFDR n’est sûrement pas ce vers quoi il faut vous orienter.

Par contre, ceux qui pensent team-work, qui aiment à progresser de manière tactique, équipe par équipe, et qui aiment avoir un appui-feu sur le quart nord-est le temps de sortir les jumelles pour voir combien de soldats ennemis sont en faction devant l’objectif primaire, avant d’établir un plan de progression vers l’objectif en deux temps, ceux-là vont largement avoir de quoi jubiler durant les 11 missions du mode campagne de OFDR.

La grande force de ce titre est la place qu’il accorde au rôle de votre équipe dans le succès des missions. Le mauvais ordre au mauvais moment, et c’est la perte de l’effet de surprise. Un mauvais déplacement, sans avoir demandé à vos camarades de vous suivre, et vous vous retrouvez seul face à l’ennemi, qui a déjà entrepris de vous encercler. Que ce soit pour vous rapprocher de l’ennemi, pour atteindre un point d’observation, ou pour faire sauter un site SAM (Surface-to-Air-Missile, mais vous le saviez déjà!), n’oubliez jamais que vous camarades dépendent de vous et que vous dépendez d’eux. A tel point que malheureusement, livrés à eux-mêmes, vos camarades ne sauront pas vraiment quoi faire d’autre à part se faire tuer. C’est là un problème épineux car il est présent tout au long du soft : les comportements de l’IA sont tellement conditionnés à la situation, que dès que l’on sort des sentiers battus, cette dernière s’enferme dans la boucle de comportement pour laquelle elle a été programmée. Allant parfois jusqu’à totalement bugguer (attendre 5minutes qu’un artilleur arrive à sa position tout ça parce qu’il était resté dans une cabane 700mètres plus haut... moi j’appelle ça un bug).

L’IA est donc capable du meilleur comme du pire. Mais espérons qu’il ne s’agit là que de quelques problèmes d’optimisation qu’un ou deux patches suffiront à corriger, car à part ces quelques dérèglements périodiques, on peut dire que l’IA fait franchement bien son travail, surtout du côté adverse où elle s’avère parfois très inspirée.

Ô Rage, Ô Désespoir, Ô Bullet ennemie!

Ca y est, vous avez enfin traversé à plat ventre le long fourré ouest, vous avez demandé à votre équipe de se déplacer selon vos indications, les soldats adverses sont au nombre de trois, tous parfaitement identifiés et ils ne vous ont apparemment pas découverts. Une dernière vérification avant de demander l’appui de l’aviation, et BOUM, tout ce joli petit monde est pulvérisé par une GBU-24 (Guided Bomb Unit, ça le vous le saviez moins déjà!) vous pouvez continuer votre progression. Jusque là tout va bien, mais ce cas de figure n’est hélas pas systématique. Ce qui risque de vous arriver bien plus souvent c’est d’être dégommé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire par une seule et unique balle entre les deux yeux. Les ennemis visent bien (très bien même) et le système de gestion des blessures ne laisse pas une grande place à l’improvisation. Immobile, blessé au ventre, en train de vous vider, il n’y a pas grand-chose à faire à part prier pour que le médecin de l’équipe arrive avant que vous n’ayez fait couler votre dernier déci d’hémoglobine. Toujours fidèle au côté simulation, la gestion des blessures aurait au moins pu faire l’impasse sur ce niveau de réalisme car il reste très frustrant de devoir recommencer un plan tactique une fois qu’on le connait par cœur, tout ça parce que l’IA vise mieux que Terminator…

Finalement OFDR réussi son pari, qui est de proposer un jeu très orienté tactique et technique de combat moderne, avec un jeu vif, intense, avec certains moments délicats à saisir. On regrettera le manque de profondeur de scénario alors que tous les ingrédients sont là pour en faire un grand spectacle, mais on saluera la performance au niveau du réalisme des situations et du rendu final du jeu, un véritable terrain d'entrainement ouvert!

Rhadamantys

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Opération Flashpoint : Dragon Rising 18+

pc Ordinateur

Editeur :
Codemasters
Développeur :
Codemasters
Date de sortie :
08.10.2009
Catégorie :
FPS Tactique
Mode en ligne :
oui
Nombre de joueurs :
4
Site officiel :
visiter le site officiel
Existe sur :
pc ps3 x360

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Notes

Jouabilité :

8

Les habitués du clavier retrouveront ici leurs marques. Paramétrable à souhait, OFDR reprend l'essentiel des commandes et intègre quelques subtilités bienvenues. Pour ceux qui jouent avec une manette sur PC (et j'en connais), l'implémentation des commandes sur le pad Xbox360 sera une agréable découverte. Le tout répond extrêment bien, et on s'y retrouve rapidement!

Réalisation :

7

OFDR remplit son contrat, sans aller au delà. En effet quelques petits problèmes d'optimisation pour l'IA adverse, dont l'étendue des actions est parfois limitée, voire totalement incohérente avec la situation tactique.

Bande-Son :

8

Une agréable mise en scène de toute la sonorisation des véhicules, des explosions, des claquements de fusils et autre fumigènes. Le tout est prenant, immersif, et avec une bande originale honnête.

Scénario :

5

Là c'est du 50/50, un contexte très fouillé, riche en illustrations historiques, d'un réalisme digne des meilleurs Think-Tanks de Washington. Mais malheureusement la prémisse n'impacte pas le scénario au delà des 3premières minutes.

Durée de Vie :

7

Comptez passer un bon Week-end sur la campagne, pour peu que vous compreniez rapidement comment vous servir des différentes unités de votre équipe. Au delà, le sympathique mode multi vous tend les bras!

Le test en bref

Les Plus

  • Une bonne qualité visuelle
  • Un Team-Work très présent
  • Les situations tactiques

Les Moins

  • L'optimisation de l'IA
  • La faible résistance au tirs ennemis
  • Manque de charisme des persos

Note du rédacteur

7.5

Note du public

7

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