
Tout comme les diamants, il y a des séries qui sont éternelles. Street Fighter a depuis longtemps imposé sa griffe dans le monde du jeu vidéo, mais souffrait depuis quelques temps d'un phénomène que j'appellerai « poulozeudorisation ». La poulozeudorisation a multiplié le nombre de jeux labellisés Street Fighter, en différents croisements avec d'autres grands noms de la baston 2D (ou de Comics US à l'occasion), mais sans que l'on y retrouve toujours ce qui faisait le succès des premiers Street Fighter, à savoir une jouabilité fun, des graphismes sympas et des personnages attachants.
Mais Street Fighter 4 arrive avec l'ambition de remettre de l'ordre dans le poulailler ! Avec l'arrivée d'un tel géant sur la scène HD, Capcom sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur, sinon c'est le K.O. ! Ready ? Fight !
Une des premières choses dont on se rend compte avec ce titre, pour les joueurs de ma génération, c'est à quel point le temps passe. Comment, à l'heure des Narutos, des Dead Or Alive, ou des Smash Bros, comment Capcom va faire pour remettre au goût du jour une si vieille licence ? Eh bien en abandonnant tout simplement la 2D. Mais en la conservant ! Comment ? C'est très simple ! Ce Street Fighter 4 dispose d'environnements intégralement en 3D, de même pour les personnages. Mais le style de jeu, la disposition des personnages, eux, restent en 2D!
- Mais, me direz-vous, c'est totalement débile de faire un jeu en 3D pour y jouer en 2D ! On développe une dimension de trop!
Tout d'abord ne me criez pas dessus, je n'ai pas développé ce jeu ! Deuxièment, un jeu 3D est techniquement plus simple à développer qu'un jeu 2D. En effet, à partir du moment où chaque personnage a été crée en 3D, il devient comme une marionnette qui attend qu'on tire les ficelles. Par contre pour un jeu en 2D, chaque action doit être dessinée, puis animée, un peu à la manière d'un dessin animé, plan par plan. Alors imaginez la quantité de travail nécessaire pour dessiner toutes les étapes d'un mouvement, toutes la dynamique des vêtements sous l'accélération, toutes les expressions, par rapport à une séquence 3D !
Mais pour autant, on ne peut pas dire que Capcom ait choisi la facilité. Les 25 personnages de Street Fighter 4 sont tous de haute facture, malgré leur style graphique qui tient plus de Hulk que de Saint Seiya. Petite précision d'ailleurs, pour ceux que les différentes images du jeu ont pu déranger, sachez que les nouveaux graphismes des personnages tout en muscles ne sont pas dérangeants au vu de la qualité de l'animation, et que l'on s'y fait très vite après quelques minutes de jeu seulement. Donc un passage de la 2D à la 3D très bien maîtrisé, notamment pour les personnages féminins qui nous font vraiment prendre une dimension de plus (Quoi ? Je suis franc moi c'est tout !). Les décors sont extrêmement agréables à regarder pour les plus réussis, mais hélas très déséquilibrés les uns par rapport aux autres pour ce qui est des animations d'arrière-plan. Si dans le stage de Chun-li par exemple, une foule de passants admire le combat, prend des photos ou fais du vélo, la jonque est très peu animée, présentant malgré tout un beau coucher de soleil. C'est dommage d'autant plus qu'avec environ une dizaine de stages différents, Capcom nous laisse un peu sur notre faim.
La bonne nouvelle est sans conteste la jouabilité qui n'a rien perdu de sa nervosité ! Les Hadoken, Sonic Boom et autres Spinning Bird Kick se font toujours via les mêmes techniques, soit des rotations ou demi rotations, ou des charges de deux secondes. Avec cependant l'apparition des Focus Attacks et de Supers Combos, qui donnent lieu à des pluies automatiques de claques, baffes, pêches, kicks, et autres politesses très joliment mises en scène. Un moyen certes facile de contenter les habitués, qui retrouveront très vite leurs marques, et les nouveaux venus qui se saisiront rapidement d'une jouabilité qui a depuis longtemps fait ses preuves.
Capcom a réussi là un pari que certains ont longtemps pensé perdu d'avance : remettre en selle une licence vieille de 20ans, et avec elle, le concept de la baston 2D. On pourra lui reprocher néanmoins quelques faiblesses, notamment de durée de vie, et de contenu qui, il est vrai, est un peu limité. Street Fighter 4 est donc plus une rénovation qu'une innovation. Comparé à la série Street Fighter, ce 4ème opus est beau, nerveux, sympa et très fun. Mais comparé à la concurrence, on sent que Capcom a voulu maximiser sur les valeurs sûres du titre, sans réellement tenter d'innover ou de prendre des risques, ce qui est vraiment dommage quand on connait la série Street Fighter qui a longtemps été la référence en matière de jeux de baston. Une bonne arrivée sur la HD donc, en espérant que les prochains volets apporteront plus de nouveauté.
PlayStation 3
Jouabilité :
10





Des timings bien sentis, des coups variés, des super-coups inoubliables et faciles à exécuter, et pour ceux qui aiment pousser la technique, différentes possibilités de développer des bons combos et de les coupler à des super attaques (mais à condition d'avoir les doigts en forme !).
Réalisation :
6





Capcom a certes bien récupéré les valeurs fondamentales de Street Fighter, mais cela à peut-être nuit à la créativité dans le sens où Street Fighter 4 manque cruellement d'innovations. Le souci de préserver l'aura d'une licence ancienne a certainement contribué à limiter la prise de risques, mais maintenant que c'est fait, rien ne devrait empêcher Capcom de se lancer dans de nouveaux concepts.
Bande-Son :
6





Une bande originale honnête où l'on reconnait certains des thèmes les plus connus de la série remis au goût du jour. Des effets sonores très réussis pour ce qui est des combats, de même que la possibilité de choisir entre les voix anglaises et japonaises.
Scénario :
4





Difficile de parler scénario pour un jeu de baston, néanmoins les anciennes rivalités persistent (par exemple la rencontre Ryu et Sagat qui nous donne droit à une petite intro en 3D), mais hélas, les cinématiques à la manière d'animés ne sont pas du tout convaincantes.
Durée de Vie :
6





On débloque assez vite tous les personnages, malgré un boss final rarement tendre et parfois même totalement mauvais joueur, mais le mode on-line ainsi que le mode 2joueurs permettent de prolonger le fun pour des heures et des heures.


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